Après plusieurs années marquées par de fortes variations, le marché du pellet s’est progressivement stabilisé en Belgique depuis 2024. Les prix sont revenus à des niveaux plus normaux et de nombreux ménages ont retrouvé un meilleur contrôle sur leur budget chauffage.
Aujourd’hui toutefois, plusieurs événements récents observés en Belgique, en Europe et à l’international indiquent une possible évolution des prix du pellet à la hausse dans les prochaines semaines.
Moins de bois disponible pour produire des pellets
Le premier facteur concerne directement la production. Les pellets sont fabriqués à partir de sciures et de copeaux issus des scieries. Lorsque moins de bois est transformé dans l’industrie, moins de résidus sont disponibles pour produire des granulés.
C’est précisément la situation observée actuellement. En Ardenne, le producteur ERDA indique devoir faire face à une baisse des volumes de bois résineux disponibles, conséquence directe d’un ralentissement dans la filière bois, comme le rapporte TV Lux.
Cette situation entraîne mécaniquement une tension sur l’approvisionnement nécessaire à la fabrication des pellets, un phénomène également confirmé par plusieurs professionnels interrogés.
Lorsque la matière première se raréfie, les prix finissent mécaniquement par tendre à la hausse.
Une tendance observée dans toute l’Europe
La situation ne concerne pas uniquement la Belgique. Le marché du pellet fonctionne aujourd’hui à l’échelle européenne, et les évolutions observées chez les grands pays producteurs influencent directement les prix pratiqués chez nous.
La Pologne, l’un des principaux producteurs européens de pellets, connaît notamment une pression croissante sur ses ressources en bois et sur ses coûts de production. Lors du European Pellet Forum 2026, les acteurs du secteur ont confirmé que la disponibilité de la matière première devenait désormais l’un des principaux facteurs d’évolution du prix du pellet en Europe.
Dans le même temps, une partie croissante des pellets est utilisée par le secteur énergétique. Le groupe Energa prévoit par exemple d’utiliser jusqu’à 350 000 tonnes de pellets par an pour produire de l’électricité dès 2026.
La hausse du pétrole impacte indirectement le pellet
Un autre élément important concerne l’évolution récente des prix de l’énergie fossile. Les tensions géopolitiques autour de l’Iran ont récemment provoqué une hausse marquée du prix du pétrole sur les marchés internationaux. Selon Reuters, le cours du Brent a fortement progressé après l’escalade régionale, les analystes évoquant même un risque de dépassement des 100 dollars par baril en cas de prolongation des tensions.
En Belgique, le prix du mazout de chauffage suit directement l’évolution du pétrole brut. Une hausse du pétrole se répercute donc généralement sur le prix payé par les ménages quelques jours plus tard.
Quand le mazout devient plus cher, la demande de pellets augmente
Une grande partie des ménages belges compare aujourd’hui activement ses coûts de chauffage. Dès que le mazout augmente, le pellet redevient rapidement l’une des solutions les plus économiques.
Lorsque le prix du mazout augmente rapidement, le pellet redevient souvent l’une des solutions les plus économiques. Cette différence de coût peut encourager davantage de consommateurs à privilégier le chauffage aux pellets.
Si davantage de ménages se tournent vers le pellet au même moment où la production devient plus contrainte, la conséquence est généralement une remontée progressive des prix.
Les prix restent aujourd’hui favorables en Belgique
Malgré ces signaux, il est important de rappeler que les prix actuels restent nettement inférieurs aux niveaux observés lors de la crise énergétique.
Selon les indices publiés par Valbiom, le prix du pellet reste actuellement dans une zone historiquement modérée par rapport aux niveaux atteints lors de la crise énergétique.
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Le prix du pellet reste donc aujourd’hui encore une énergie économique pour se chauffer.
Ce que cela signifie pour les consommateurs en 2026
À ce stade, rien n’indique une pénurie de pellets. En revanche, au vu des tensions observées sur la matière première, du contexte énergétique et de l’évolution attendue du prix du mazout, nous anticipons plutôt une hausse progressive des prix dans les prochaines semaines.
Contrairement à certaines années, le marché ne présente actuellement pas de situation de surstock. Dans ce contexte, il est peu probable de voir apparaître de véritables prix été offrant des réductions importantes.
Comme souvent sur les marchés de l’énergie, les périodes de prix stables ne durent pas indéfiniment. Comprendre ces mécanismes permet simplement aux consommateurs d’anticiper leurs achats de manière plus sereine, sans précipitation mais en restant attentifs à l’évolution du marché.
Il n’y a pas d’urgence, mais les niveaux de prix stables observés aujourd’hui ne devraient pas durer indéfiniment. Anticiper son approvisionnement lorsque les prix restent favorables reste généralement la meilleure manière de sécuriser son budget chauffage sur l’année.